Ukraine : Mélenchon a prévenu pendant 10 ans

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Retrouvez le texte du discours de Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée Nationale le 1er mars 2022 en cliquant ici.

EN BREF
Sur le plan international, Mélenchon a toujours défendu la même position : l’indépendance d’une France non-alignée. Ni sur les USA, ni sur la Russie, ni sur la Chine. Avec comme objectif : agir au service de la paix. Il dénonce donc aussi bien l’extension de l’OTAN vers l’est que les coups militaires de la Russie, et expose les responsabilités des différents camps dans les tensions actuelles.
– Sur l’Ukraine, il condamne fermement l’attaque russe et juge que Poutine est entièrement responsable de la guerre qu’il a pris la décision de démarrer.
Depuis 10 ans, il ne cesse d’alerter sur le risque d’une guerre en Europe à cause des tensions sur les frontières. À ce sujet, il défend depuis 10 ans l’organisation d’une conférence sur les frontières, espace de discussion pour les États européens pour trouver une issue diplomatique.
Il n’hésite jamais à s’opposer à Poutine lorsqu’il le juge nécessaire. Soit sur des affaires politiques russes (Pussy Riots, Navalny, Oudalstov) soit sur des affaires géopolitiques (Crimée, Kazakhstan, Biélorussie, et plus récemment Ukraine)
Il considère Poutine comme un nationaliste et l’a déjà qualifié de “graine de dictateur”
Il a plusieurs fois condamné l’oppression de l’opposition en Russie, y compris au sujet d’opposants avec lesquels il est en désaccord politiquement


 

Depuis le début du conflit en Ukraine, des détracteurs de Jean-Luc Mélenchon l’accusent : il aurait été “complaisant” dans le passé avec Vladimir Poutine. Certains vont même plus loin et l’accusent plus franchement d’être un “soutien” ou un “allié” du Président russe. 

Notons parmi ses détracteurs plusieurs cadres des écologistes dont David Cormand ou Delphine Batho, qui est allée jusqu’à publier un communiqué de presse pour accabler Mélenchon. Opportunisme politique pour nuire au candidat largement en tête de la gauche dans les intentions de vote , et espérer ainsi relancer la candidature de Jadot ? Certainement oui. Mais il faut aussi noter un désaccord de fond : alors que Mélenchon défend la voie diplomatique pour assurer la paix, le candidat d’EELV s’est dit en faveur de la livraison d’armes sur place pour faire la guerre à la Russie.

Notons aussi le Parti Socialiste, dont la candidate Anne Hidalgo est allée jusqu’à dire que Mélenchon était devenu « l’allié et le soutien de Vladimir Poutine ». Même son de cloche du côté de Valérie Pécresse, candidate LR, qui estime que Mélenchon, Zemmour et Le Pen sont « disqualifiés » pour leur « admiration sans borne » pour Poutine. La candidate de droite trace ainsi un trait d’égalité entre un candidat républicain et l’extrême-droite, faute morale en pleine campagne présidentielle…

LREM ne s’est évidemment pas abstenu. Nathalie Loiseau en tête, qui accuse les insoumis d’avoir refusé une « simple aide financière » à l’Ukraine… oubliant de préciser les mesures économiques libérales sur la ligne du FMI, point de désaccord des insoumis dans la résolution votée à Bruxelles (avant l’attaque de la Russie). Stanislas Guerini, député parisien, a également chargé Mélenchon en l’accusant d’être « neutre » et de prendre ainsi parti pour la Russie… dénaturant totalement l’idée d’une France non-alignée au service de la paix. Les macronistes ont également mis leur réseau militant en action sur les réseaux sociaux pour attaquer, pendant des jours, Mélenchon et les Insoumis. Des propos particulièrement violents ont d’ailleurs été tenus : « traitres », « collabos », « ennemi de la France »…

Notons également hors monde politique le chroniqueur Raphael Enthoven, l’ancien présentateur TV Julien Bahloul, le présentateur Sébastien Cauet ou encore l’animatrice Sophia Aram qui ont tous avancé que Jean-Luc Mélenchon avait soutenu, ou soutient encore, Vladimir Poutine.

De nombreuses attaques de monde politico-médiatique ont donc ciblé le candidat de l’Union Populaire au sujet de son supposé « soutien à Vladimir Poutine ». Pourtant, les archives sont formelles : ces accusations sont mensongères.

 

2012

Jean-Luc Mélenchon s’oppose à la condamnation du groupe “Pussy Riots” et à sa censure par le régime de Poutine. Il écrit : “condamnation aberrante des #PussyRiots… néocapitalisme et Eglise othodoxe : deux faces d’un même obscurantisme funeste à la démocratie ».

2013

Jean-Luc Mélenchon signe avec l’écologiste Noël Mamère une tribune soutenant la libération de militants de Greenpeace emprisonnés par le pouvoir russe. Le texte précise : 

  • “Dénoncer les crimes contre l’environnement dans un pays qui a produit la catastrophe de Tchernobyl et l’écocide de la mer d’Aral c’est sauvegarder le patrimoine de l’humanité.”
  • “Ces trente militants courageux se battent pour la liberté de tout le peuple russe. Cette répression de militants écologistes, écrasés par l’oligarchie et son bras armé le pouvoir, est un déni du respect des libertés fondamentales”.

2014

L’Europe est secouée par l’invasion de la Crimée, péninsule située au sud de l’Ukraine, par les forces russes. Jean-Luc Mélenchon s’oppose alors formellement à ce coup de force de Vladimir Poutine et déclare : “Poutine a fait quelque chose que je n’admets pas, il a transgressé une frontière. Je suis pour qu’on ne touche pas aux frontières”.

La même année, il dit au sujet de l’Ukraine : “On me dit que les frontières doivent rester intangibles. J’en suis bien d’accord, mais il faut en parler. Ou bien on en parle ou bien on fait la guerre. Mieux vaut en parler. Je trouve que la solution de la conférence est la solution la plus réaliste”. Il n’a eu de cesse, pendant 10 ans, de soutenir l’organisation d’une conférence sur les frontières européennes.

2016

Sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin dans la matinale RMC, Jean-Luc Mélenchon martèle le risque que représente un élargissement de l’OTAN vers l’est, en matière diplomatique avec la Russie. Il martèle l’objectif de la ligne qu’il défend : “Je ne veux pas la guerre avec les Russes !”.

2017

Pendant la campagne présidentielle, il aborde les tensions au niveau international et déclare dans une Revue De La Semaine : “Regardez bien les types qui sont au pouvoir : Trump. (…) Vous arrivez en Russie, c’est M.Poutine, qui est quand même un grand nationaliste”.

Quelques mois plus tard, le président Macron, récemment élu, reçoit Vladimir Poutine. Le président russe est alors invité à Versailles, ville connue pour avoir été la demeure des derniers rois de France. Dans l’émission “Le Grand Rendez-vous” sur Europe 1, Jean-Luc Mélenchon réagit : “Je trouve disproportionné de recevoir recevoir Poutine à Versailles avec toute la disproportion de la monarchie française”.

La même année, il s’oppose avec virulence à Nursultan Nazerbaïev, tyran du Kazakhstan et allié de Poutine. À l’Assemblée Nationale, il déclare : “dire que la démocratie a progressé au Kazakhstan et qu’on y trouve des traces des valeurs françaises, c’est qu’on ne parle plus des mêmes choses ni du même monde”. Notons que les députés LREM soutenaient alors la signature d’un accord avec Nazerbaïev.

2018

Jean-Luc Mélenchon se rend en Russie pour rencontrer Sergueï Oudalstov, leader du Front de Gauche russe emprisonné pendant 4 ans par le pouvoir de Poutine. Ils tiennent ensemble une conférence de presse. 

Durant ce voyage, Mélenchon précise au micro de BFM TV : “Il y a une fraternité franco-russe qui fonctionne de peuple à peuple, et elle est indépendante des moments politiques particuliers et on peut être un ami du peuple russe, souhaiter que la Russie soit un partenaire sans pour autant être immédiatement un affilié du pouvoir, ce que je ne suis pas !”.

2020

Jean-Luc Mélenchon s’oppose à nouveau aux intérêts géopolitiques de Vladimir Poutine en soutenant la révolution citoyenne contre le dictateur Alexander Loukashenko, allié du président russe en Biélorussie. Mélenchon écrit : “En Biélorussie encore, le peuple dégagiste est la clef de l’histoire contre les pouvoirs abusifs et corrompus. La révolution citoyenne continue son coup de balai mondial”.

2022

Dans le journal Le Monde, Jean-Luc Mélenchon se positionne contre l’emprisonnement de Navalny, opposant à Vladimir Poutine (qui a frôlé la mort après avoir été empoisonné). Il faut noter que Navalny étant un militant nationaliste, Jean-Luc Mélenchon ne le soutient aucunement politiquement.

Toujours la même année, il critique l’action des mercenaires de Wagner au Mali. Il écrit : “Je dis à mes amis Maliens que l’arrivée du groupe Wagner au Mali, c’est quelque chose qui va coûter très cher aux Maliens. Personne n’y a intérêt”. (À noter : les mercenaires Wagner sont l’entreprise d’un oligarque proche de Poutine).

Il y a quelques semaines, sur le plateau de France 2, le candidat de l’Union Populaire explique : “Je ne vais pas vous dire que monsieur Poutine est le genre de dirigeant qui me convient. Monsieur Poutine n’est pas mon modèle. Ai-je l’intention de présider comme M.Poutine ? Non. Ai-je l’intention d’appliquer la politique de M.Poutine ? Non !”.

Sur la situation en Ukraine, il a plusieurs fois expliqué sa ligne, notamment sur le plateau de France 3 : “Ma position est la suivante : les Français doivent être non-alignés. Ni avec l’un, ni avec l’autre. Cela signifie comme conséquence pratique : les Russes ne doivent pas passer la frontière de l’Ukraine qui doit être respectée absolument et les Américains ne doivent pas chercher à annexer l’Ukraine dans l’OTAN”.

Suite à l’attaque russe, il déclare lors d’un point presse : “L’attaque russe contre l’Ukraine est insupportable. Quels que soient les motifs qui puissent être invoqués dans le passé récent, les Russes, la Russie de M.Poutine prend l’initiative de provoquer un recul incroyable de l’Histoire sur le Vieux continent. L’attaque est là, visible, elle n’exprime rien d’autre à cet instant que la volonté de faire une démonstration de force et de la volonté de puissance du gouvernement de M.Poutine. Il faut que la condamnation soit claire, nette, précise, aussi majoritaire que possible à l’Assemblée générale des Nations Unies pour que nous puissions avoir un espoir d’obtenir ce qu’il nous faut immédiatement, c’est-à-dire le cessez le feu immédiat et la sortie des troupes d’Ukraine”.


Ressources

Sur Twitter

La vidéo récapitulative des prises de positions de Jean-Luc Mélenchon depuis 10 ans

Mélenchon explique sa position de non-alignement.

Mélenchon apporte son soutien aux Russes qui manifestent contre la guerre

Adrien Quatennens martèle que l'objectif de la ligne défendue par Mélenchon est d'obtenir la paix.

Discours de Manon Aubry au Parlement européen qui appelle à tout faire pour obtenir la paix.

Thomas Portes explique que la seule solution à ce conflit est la désescalade.

Le thread qui récapitule les prises de position de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon défend avant tout le cessez-le-feu en Ukraine.

Jean-Luc Mélenchon explique que sa ligne en matière de politique internationale est au service d'un seul objectif : la paix !

Mélenchon apporte son soutien aux Russes qui manifestent contre la guerre

Adrien Quatennens expose l'idée d'une France non-alignée au service de la paix.

Visuel exposant de nombreux tweets de Jean-Luc Mélenchon montrant qu'il ne soutient pas Poutine

Sur Youtube

"Je condamne la guerre de la Russie en Ukraine" - 24 février 2022

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Ils disent comme Jean-Luc Mélenchon

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Hubert Védrine tient la même position que Jean-Luc Mélenchon sur la neutralité de l'Ukraine.

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Sur le web

Tribune - « Liberté pour les militants de Greenpeace », demandent ensemble Noël Mamère et Jean-Luc Mélenchon

Article de Marianne résumant, en 2017, ce que Jean-Luc Mélenchon avait dit sur la Russie.